De la question du jour…
Le matin, en prenant mon petit déjeuner, vers 5h15,… je feuillette le journal de la veille. Parce qu’il faut savoir que je fait l’effort financier et surtout militant d’être abonné à un quotidien, un vrai, un truc indépendant avec de l’authentique prise de position dedans, mais que le facteur me le dépose dans la chose bancale qui me sert de boîte aux lettres à un moment où je suis au boulot depuis environ quatre heures. Je lis donc mon quotidien avec un décalage horaire de presque douze heures !
Donc ce matin… contemplant une publicité pleine page pour notre gazier national (enfin, plus pour longtemps national, justement !), je me faisais la réflexion suivante.
Je peux comprendre sans problème qu’il soit utile que des gens engagent une part plus ou moins importante de leur revenu pour que des entreprises puissent développer leurs activités, et surtout innover… comme on dit…
En effet, n’est-ce pas l’un des éléments définissant l’humanité que d’être sans cesse attentive aux nouveaux besoins, aux défis posés par son environnement, naturel ou humain ! Cela demande des moyens. Et même si j’ai plutôt tendance à préférer que les orientations de cette évolution en dehors (ou à côté !) de la sélection naturelle soient choisies par des instances politiques représentatives, s’il faut en passer par des entreprises privées, allons-y ! Innovons ! Et si cela rapporte aux investisseurs, pourquoi pas ? Ils prennent un risque, après tout !
Par contre, à imaginer que l’on puisse spéculer et s’enrichir sur le simple fait que j’ai besoin que l’on me distribue du gaz pour chauffer ma maison, là, je sens poindre une colère noire, une irrésistible envie de perdre mon sang-froid, de déverser ma rage… ici, par exemple…
Si demain l’eau ou même un air non vicié deviennent des denrées rares, précieuses et nécessitant d’être conditionnées et distribuées chez les particuliers, y aura-t-il des individus suffisamment cyniques pour en faire leur beurre en boursicotant depuis leur PC ? J’ai bien peur que oui. C’est même déjà le cas, dans certaines régions où l’eau a déjà ce triste statut.
Il est donc évident pour moi d’utiliser comme critère pour juger un candidat à l’élection prochaine la clarté de sa position concernant les services publics de l’énergie. Permettre cette aberration qui consiste à faire de biens de première nécessité des produits boursiers est une cause de rejet franc et massif de tout un programme électoral. Cela peut-être pris comme étalon, comme pierre de touche de la volonté d’agir pour l’intérêt général.
Un candidat qui ne pose pas clairement son intention d’interdire cela en France, et même d’opposer cette vision de la société à Bruxelles, est pour moi d’emblé dans le camp de l’intérêt du capital financier et non dans celui des citoyens.
Prétendre le contraire est simplement un mensonge.
Par Ioucounou, Mercredi 28 Fevrier 2007 à 15:53 GMT+2 dans Politique (article, RSS)



















