ACOUPHENES, la rumeur du monde

Vive la grève !

 

Ce n'était vraiment pas le moment pour moi, mais alors vraiment pas du tout, d'avoir des problèmes pour aller et revenir du boulot !

Pourtant, je soutiens sans aucune réserve le mouvement des cheminots.

Pourquoi ?

Parce qu'il me paraît totalement justifié de vouloir conserver les avantages sociaux conquis par les générations précédentes dans une époque de croissance, dans un contexte de d'augmentation quasi-constante des bénéfices, donc de la valeur produite par notre société dans son entier. Et j'insiste sur ce point. Si les entreprises du CAC 40 dégagent des marges qui se chiffrent en milliards, c'est aussi parce que leurs employés ont des écoles pour leurs enfants, des moyens de transport en commun, des soins, travaillent dans la perspective d'une retraite décente.

A force de confisquer ces bénéfices du champ collectif pour les distribuer de plus en plus exclusivement aux détenteurs de capitaux et de patrimoines, on risque fort de rompre cet équilibre très fragile.

Peut-on apporter une réponse de société, collective et reposant sur un projet de civilisation à la question : à quoi sert de générer de la richesse ?

La réponse que nous donne les gouvernements de droite ou même les « sociaux-démocrates » du PS et du centre, c'est : pour la réinjecter dans le circuit économique, afin d'en générer toujours plus et d'en faire profiter chacun d'entre-nous. Résultat : l'argent et les avantages qu'il véhicule tournent en boucle dans le cercle restreint de ceux qui détiennent le pouvoir d'investir. Les autres n'ont qu'à attendre et prier pour que cette sacro-sainte théorie économique deviennent un jour effective à leur niveau, de leur vivant, si possible !

La réponse des mouvements comme celui qui est derrière cette grève serait : on génère de la richesse pour faire évoluer notre société au fur et à mesure des progrès techniques et d'organisation du travail. Il est parfaitement possible d'envisager de tous travailler moins, que ce soit en terme de semaine de travail ou d'années de cotisations. La seule question est : le souhaitons-nous ? A qui cela profiterait-il ? Au peuple, et non aux détenteurs du capital.

Tout cela n'est évidemment pas nouveau, mais il est bon de le rappeler en cette période où l'on tente à tous prix d'effacer les clivages sociaux, de déplacer les frontières qui jadis séparaient travailleurs et patrons, ouvriers et bourgeois, riches et pauvres. Tous ces termes ont vécus, sont aujourd'hui perçus comme archaïques et ringards, dépassés. On leur a substituées de nouvelles oppositions : travailleurs et chômeurs, courageux et profiteurs, français et étrangers, fonctionnaires et salariés du privé, etc. A qui profitent ces distinctions ? ni aux uns, ni aux autres, mais à des tiers. Ceux qui par là maintiennent leur puissance hégémonique sur un système fait par eux et pour eux.

J'affirme donc que les régimes spéciaux sont loin d'être des « privilèges » injustifiés, mais un progrès qui au lieu de devenir la nouvelle norme à été cantonné à ceux qui ont lutté pour l'obtenir. Qui a envie de faire son boulot jusqu'à 65 ans ? Qui a envie de travailler plus de 40 heures par semaine ? Ceux qui une fois rentrés chez eux ont un jardinier pour tondre la pelouse et une femme de ménage pour passer l'aspirateur ! Pas le cheminot qui bosse sur des rails par n'importe quel temps, été comme hiver, pour un salaire modeste l'obligeant à compter le moindre sous !

Soutenir cette grève, c'est enclencher un mouvement dans lequel nous pourrions demain réclamer aux politiques que les profits faramineux auxquels nous contribuons toutes et tous ne se transforment plus en pouvoir d'investissement supplémentaire pour ceux qui n'ont d'autre soucis que la rentabilité de leurs actions en bourse, mais en progrès de la société dans son ensemble. Qu'ils nous permettent de mieux vivre en ayant plus de temps à consacrer à nos familles, à la culture, au repos, et avec la perspective d'une fin de vie heureuse et non l'appréhension de difficultés sans fin.

Non seulement, je soutiens les revendications des cheminots, mais je dis que l'on pourrait si on le voulait, étendre ces régimes à tous... Il suffirait que notre démocratie deviennent le reflet de l'Intérêt Général... C'est en tous cas ce que nous, communistes, souhaitons.

 

Heureusement, on a la Star Ac qui reprend et les déboires amoureux du président ! Vive la République !

Vos commentaires

1 Le Mardi 23 Octobre 2007 à 17:32 GMT+2, par Marx & Lénine

Les régimes spéciaux, c'est un actif pour quatre retraités !
Que les bénéficiaires de ces régimes spéciaux veulent les garder, OK, mais qu'ils les financent eux mêmes, et pas faire supporter le déficit de leurs caisses aux travailleurs du privé, qui ont déjà assez de soucis comme ça à essayer de maintenir leur emploi et leur pouvoir d'achat.
Quand les cheminots feront grève dans l'intérèt du privé ça se verra, mais c'est pas pour demain, alors en attendant que les privilégiés financent leur retraites, je milite pour la vrai justice sociale, tous travailleurs, tous égaux, tous les mêmes régimes de retraite.

2 Le Mercredi 24 Octobre 2007 à 09:04 GMT+2, par Ioucounou

Je ne peux que m'inscrire contre cette vision de la société... Je suis salarié du privé et j'ai effectivement mes propre difficultés, mais je ne vois aucun inconvénient à financer des régimes spéciaux s'ils sont justifiés. Je ne suis pas pour une organisation où c'est "chacun pour soi".
Et les privilèges des cheminots, on peut en parler. Ceux qui partent en retraite à 55 ans le font avec un revenu représentant environ 76% de leur salaire. Dans le privé, à 60 ans, c'est autour de 87%. Sans compter qu'ils n'ont alors plus de prime...
Et si la démarche consiste à ce que chacun se replie dans son pré carré, dans ce cas alons-y ! Pourquoi ne pas mettre tout à plat en même temps au lieu de stigmatiser des catégories afin de les rendre impopulaire, si ce n'est selon le vieil adage "diviser pour mieux règner", si cher à Mr Sarkozy ?
Qui finance la caisse ultra-déficitaire des professions libérales, des commerçants et des artisans ? Les salariés du privé, évidemment ! Mais étonnament, on ne demande pas à cette catégorie de payer seule pour ses retraites ? Pourquoi ?
Clientélisme ?
La justice sociale vue par la droite me semble bien partiale...

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