La manif
J'ai tendance à considérer la manifestation comme un moyen d'expression démocratique tout à fait valide...
Elle n'empêche nullement la discussion et le débat raisonné. C'est autre chose. C'est en quelque sorte le moment où le débat n'est plus possible. Une sorte d'expression brute, de cri de rage ou de désespoir, d'indignation ou de colère...
Tant que cela s'opère dans le respect de certaines règles (pas d'incitation à la violence, part exemple,...) cela me paraît très sain. Je crois que c'est plutôt le signe d'une démocratie vivante.
Je pense qu'au contraire, le mépris affiché par le pouvoir actuel face à cette expression citoyenne, est une inflexion autoritariste de la politique, plutôt inquiétante.
Un citoyen a le droit, à mon avis, de ne pas se reconnaître dans la proposition politique qui lui est faite sans avoir pour autant le temps de fonder un parti ; ou bien de trouver le débat médiatique biaisé et non-démocratique, tout en s'offusquant de la dérive réactionnaire d'un scrutin.
La tendance actuelle, abondamment relayée par Sarkozy, voudrait faire du scrutin dans l'urne l'unique voix d'expression politique.
Ce serait tellement commode.
Et facile à contrôler.
Le retraité qui, effrayé au fond de sa campagne par les reportages du JT sur la violence urbaine, va voté Le Pen ou Sarko pour avoir un homme fort qui va calmer tous ces jeunes excités, n'est ni plus ni moins citoyen que l'ouvrier de la petite couronne parisienne qui va défiler dans la rue pour sauver son droit à un travail correctement rémunéré.
La citoyenneté a de nombreux visages.
Je trouve plus intéressant d'essayer de les concilier en aidant à la compréhension mutuelle plutôt que de stigmatiser les uns et les autres afin que chacun se replie sur son petit monde individuel.

Par Ioucounou, Lundi 26 Novembre 2007 à 17:10 GMT+2 dans Politique (article, RSS)



















