ACOUPHENES, la rumeur du monde

John Rambo, de Sylvester Stallone

 

Voilà un film vraiment étonnant !

 

C'est loin d'être un chef d'œuvre, mais cela ne peut pas laisser insensible.

Au-delà de la nostalgie très générationnelle associée au premier film de la série, qui, soit dit en passant, est loin d'être ridicule (la postérité a surtout retenue les opus 2 et 3, totalement caricaturaux), il y a quelque chose de presque expérimental dans le dernier. Parce que là, oui, c'est le dernier.

On a d'un côté une espèce de conclusion au sujet de la saga : le personnage du vétéran meurtri, de la bête de guerre déboussolée dès qu'elle n'a plus personne a tuer. Stallone continue d'explorer la psychologie pour le moins schématique de ce John Rambo qui nous avait tant touché dans les années 80, avec son côté animal blessé, balourd tout en étant impitoyable, attachant même si effrayant. On le retrouve ici retiré du monde, vivant dans une harmonie approximative avec un environnement sauvage et une humanité réduite à sa plus simple expression. A travers une histoire du genre « la belle et la bête », notre anti-héro va redécouvrir un semblant de sentiment en lui et la boucle sera bouclée. C'est un peu maladroit, mais soit....

Parce qu'à côté de ça, John Rambo est (surtout ?) un film de guerre. Et c'est là qu'on touche à quelque chose de surprenant. Si rien de bien nouveau ne se dégage, ni du côté du scénario, ni de celui de la mise en scène, c'est la rage sourde avec laquelle les deux sont traités par Sly qui vous cloue au fauteuil, vous éreinte, vous assourdi, vous révulse jusqu'à la nausée. Les scènes de guerre sont dignes d'un Mel Gibson gonflé aux amphétamines ! Lorsque le calme revient, on s'en trouve presque essoufflé, meurtri. Ce qu'on veut nous montrer ici est simple à l'extrême : il existe dans le monde une barbarie que rien ne peut justifier et face à laquelle il n'y a qu'une alternative : se défendre ou mourir. Et pour mieux nous en convaincre, rien ne nous est épargné : viols, sadisme, pédophilie, torture, geysers de sangs, corps déchiquetés,...

Cette débauche de violence est dérangeante parce que réaliste malgré son horreur extrême (pour avoir vues des photos des dégâts des armes de sniper actuelles, je confirme que le film n'exagère pas ! Hélas !). Le son y joue un rôle important. Cela me rappelle cette scène de braquage du Heat de Mickael Mann où le son des armes est tellement réel qu'on voudrait courir se mettre à couvert, que ça fait tout drôle quand ça s'arrête. Là, c'est pareille, mais avec du très gros calibre !

En prime, on a droit à une bande de mercenaires assez charismatiques... j'aime particulièrement l'ancien membre des SAS (Graham McTavish), emmerdeur mais attachant.

Alors évidemment, on peut (doit) discuter de la pertinence de cette vision un peu nihiliste de la guerre, de son niveau d'interprétation très limité du problème. Mais j'ai tendance à penser que si un film traite de ce genre de chose, il est préférable qu'il le fasse d'une façon qui choque plutôt qu'en faisant du divertissement pro-impérialisme justifiant l'intervention militaire. Parce que, bien sûr, c'est choquant.

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