ACOUPHENES, la rumeur du monde

Boulevard de la mort - un film GrindHouse

 

... attention, ceci n'est pas une critique du dernier Tarantino !

Ou presque...

lire la suite

aucun commentaire - aucun rétrolien

La boussole d'or arrive...

 

The Golden Compass sera la première partie de l'adaptation cinématographique de His Dark Materials, trilogie fantastique de Philipp Pullman, traduite en français sous le titre À la croisée des mondes.

 

Un film sera réalisé pour chaque tome de la trilogie. La sortie de La boussole d'or est prévue pour la fin de l'année, moment le plus propice aux sorties de divertissements familiaux et merveilleux.

 

Bien sûr, quand on voit où les succès du Seigneur des Anneaux et des Harry Potter nous ont mené, on peut être inquiet. Si Narnia ne s'en tire pas trop mal, la saga du gentil magicien à lunettes rondes ne va pas en s'améliorant, quant aux Eragon et autres Donjons & Dragons réchauffés, ça ressemble de plus en plus à Xéna la guerrière !

 

Seulement là, le potentiel du bouquin est franchement énorme. Je prendrais presque le risque de dire qu'il est comparable à celui du chef d'œuvre de Tolkien !

 

S'il y est question d'une gamine se baladant avec un petit animal et d'un gentil gros nounours, les apparences sont trompeuses.

L'animal en question est un daemon. Chaque humain du monde de Lyra en possède un. C'est la projection matérielle et extérieure de son âme. Changeant d'apparence jusqu'à l'adolescence, il se fixe ensuite sur une forme déterminée. C'est en même temps une part de soi et une extension de soi, dont le contact est strictement privé, objet de tabou.

Le gros nounours est Iorek Byrnison, roi déchu d'un fier peuple d'ours en armures. Et comme leurs homologues de notre monde, ce ne sont pas des tendres.

Il y est aussi question d'enlèvement d'enfants, d'Inquisition et de despotisme, d'expériences scientifiques effroyables et de voyages entre les mondes. Et ce n'est qu'un commencement. Parce que le voyage de Lyra, en plus de l'emmener par-delà l'enfance, la conduira dans des territoires proprement dantesques...

His Dark Materials est une œuvre ambitieuse, accessible aux jeunes, mais d'une richesse qui dépasse les clivages traditionnels entre publiques et tranche d'âges.

Si l'on jette un œil à la distribution, on verra que les stars du moment ne s'y sont pas trompées : Nicole Kidman, Eva Green et Daniel Craig y tiennent les rôles clés autour de la jeune débutante lancée pour l'occasion.

Si l'adaptation est à la hauteur de sa source, on est en droit de s'attendre à énorme succès populaire.

 

Pour ma part, je suis tout heureux ! J'ai un film à attendre pour les fêtes ! En attendant, le site officiel, fort sympathique, propose entre autres gadgets une bande annonce bien alléchante...

C'est par ici :

http://www.alacroiseedesmondes.fr/

 

1 commentaire - aucun rétrolien

La raison du plus faible, de Lucas Belvaux

 

Voilà un film qui devrait être diffusé en cette période troublée, sur une chaîne de grande audience, en prime time...

Ce n'est pas une sortie ciné, mais DVD.

Comme une grande partie du cinéma belge, La raison du plus faible s'inscrit dans un contexte social et économique. On y voit une ville, Liège, filmée comme un personnage et des personnages filmés avec empathie, pour ne pas dire avec amour. Mais un amour qui peut être enragé. Car le dernier long-métrage de Lucas Belvaux est un film animé d'un puissant sentiment de révolte. Plus qu'un film engagé, c'est un film habité. C'est d'ailleurs peut-être pour cela que son auteur y est aussi présent physiquement, imprégnant chaque scène de son énergie bouillonnante et contenue.

Tout commence par cette ville qui est la sienne, justement. Des hommes aux visages fermés observent impuissants d'énormes grues démonter leur usine et l'embarquer en pièces détachées sur un train. Aucun mot n'est nécessaire.

Puis vient toute cette galerie de personnalités tour à tour touchantes, drôles, émouvantes.

Il y a Marc, l'ex taulard qui contrôle des bouteilles de bière en bossant en 3/8.

Jean-pierre, vieille ours blessé, vivant dans son fauteuil roulant en haut de sa tour HLM avec les aides sociales comme seul moyen de subsistance.

Robert, son pote de galère qui le porte dans les escaliers de secours quand l'ascenseur est encore en panne.

Patrick, jeune chômeur bardé de diplômes, menant une vie d'homme au foyer pendant que sa femme (Natacha Régnier, extraordinaire, comme d'habitude !), s'en va travailler à l'aurore en mobylette.

Et c'est par cet objet pourtant modeste que tout va commencer.

A bout de souffle, l'engin ne peut pas être remplacé.

Les transports en commun, ça fait se lever beaucoup plus tôt...

On achète d'abord un billet de loterie entre copains pour aider, puis, la nouvelle désillusion ayant fait son œuvre, on se dit qu'on n'a plus rien à perdre...

Et le polar commence.

Parce que La raison du plus faible, ce n'est pas une comédie. Ce n'est pas non plus un drame social. Ce n'est même pas un polar. C'est tout cela en même temps. Belvaux joue avec les genres sans en faire des tonnes. On est captivé comme dans un polar, mais pour être sans cesse rappelé au quotidien, aux individus dans leurs souffrances, leur amitié, leurs doutes.

Le film parvient à jouer subtilement sur trois tableaux : la narration pure, une psychologie modeste mais forte, un discours social et politique virulent. On s'y retrouve face à l'absurdité de notre système, dans ce qu'elle a de plus concret, de plus humain. On s'y dit des choses simples et importantes. Que l'avenir n'a de sens que si on peut y projeter un contenu, un espoir de bonheur. Et c'est justement de cela qu'on prive tout ce monde de précarité.

Et charge au spectateur d'en tirer les conséquences. Il n'y pas de solution proposée. Juste un constat amer, un cri de rage. La fin choisit d'ailleurs l'angle noir et négatif, désespéré.

 

Si le futur que nous nous préparons est peuplé d'individus sans espoir, il faudra beaucoup de flics pour protéger les intérêts de ceux qui en tireront profit.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

J'ai fait un cauchemar...

 

... Bernard Werber avait fait un film avec Claude Lelouch !!!!

 

4 commentaires - aucun rétrolien

Who watches the Watchmen ?

... ou l'image la plus intéressante de 300, de Zack Snyder !

lire la suite

3 commentaires - aucun rétrolien

300, de Zack Snyder

Les films que l’on va voir avec un mauvais a priori sont parfois les meilleures surprises : on n’en attend pas grand-chose alors on est souvent agréablement surpris.

 

Malgré une certaine appréhension de ce type, cela n’a pas été le cas pour 300.

 

Pour commencer, l’affiche est quasiment mensongère : « par le créateur de Sin City » ! Le film est adapté d’une bande dessinée du créateur de la bande dessinée Sin City. Mais le créateur du film 300 n’est que celui de L’armée des morts, le remake tout juste passable de Zombie, le chef d’œuvre de Romero. Ce n’est pas pareil du tout !

 

Et le film ne va pas démentir cette première impression d’arnaque…

 

Il y avait pourtant là matière à chef d’œuvre. Cette histoire de spartiates intégristes accomplissant ce pour quoi leur société les a façonnés ne manque pas d’intérêt. La bataille, désespérée tant le surnombre de l’assaillant Perse est écrasant, se prêtait à une intensité dramatique évidente… Le traitement presque fantasmagorique du sujet, reposant sur des images graphiquement irréprochables et d’une personnalité superbe, aurait pu, s’il avait été poussé à son terme, donner quelque chose aussi orignal qu’intéressant.

 

Seulement Zack Snyder, à force de concessions aux poncifs du péplum classique où les personnages sont fortement modernisés dans leurs sentiments et dans leurs attitudes, en perd la force originelle de la bande dessinée de Miller. On retrouve donc toute une partie du film, rapidement mise en parallèle avec l’action principale des Thermopyles, nous inventant une histoire de femme forte (rappelant à tous points de vue les figures féminines des succès récent du genre), confrontée à un très vilain traître de politicien corrompu, le tout absent de la BD et totalement inepte. Le rythme du film en souffre de façon insupportable, sombrant du coup dans une banalité bancale et perdant toute la force visuelle de la bataille.

 

Car ce qui se passe entre les 300 spartiates et l’envahisseur n’est pas dénué d’intérêt. L’aspect purement visuel, bien sûr, mais également le parti pris de l’exagération propre au style BD, la surenchère de puissance déployée par l’adversaire, nous tiennent malgré tout éveillé, en attente du morceau de bravoure suivant. Mais à force d’enfoncer le clou du patriotisme virile et de la brutalité extrême, le tout sans la moindre nuance, sans le moindre recul, avec des personnages aussi peu crédibles que le capitaine de Léonidas (héro spartiate, mais qui pleure quand même son fils !), avec ses constant aller-retour vers une intrigue secondaire insipide, on finit par regretter ferme d’être allé voir ce énième péplum surfant sur la popularité actuelle du genre.

Là où Troie, ou surtout la Série Rome, arrivent à nous plonger dans un autre temps, un monde paraissant civilisé et barbare, proche et lointain dépaysant et riche, 300 n’est qu’un défilé sanglant de chippendales en slip et cape rouge, reposant en dernière analyse sur des valeurs pour le moins douteuses par les temps qui courent : en gros, méfiez-vous des politiques et soyez prêts à donner votre vie et celles de vos proches pour endiguer la barbarie immonde et décadente venue d’orient ! M. Bush applaudirait des deux mains !

 

4 commentaires - aucun rétrolien

BUG, de William Friedkin

 

Image brève et fugitive d’un intérieur bleuté et étrange. Un cadavre étendu. Aperçu prophétique d’un dénouement d’ors et déjà inéluctable : nous sommes dans un polar.

Image d’Epinal : le motel crasseux perdu aux confins de nulle part. L’ambiance de la chambre est chaude et feutrée. L’atmosphère est moite.

Mais ce serait ignorer l’essentiel que de penser que le décor est planté par ces quelques images. Car c’est la bande son qui fait l’essentiel pour nous immerger dans cette histoire d’insectes.

Le bruit d’hélicoptère accompagnant le travelling aérien nous acheminant vers le lieu de l’action ne peut pas être un son de tournage oublié au montage. La sonnerie lancinante du téléphone dans lequel personne ne parle nous place d’emblée dans le doute et le questionnement.

L’univers mis en place en quelques instants nous ramène immanquablement à un Lynch qui aurait fait la synthèse de ses aspects prosaïques et hallucinés. La séduction est immédiate.

 

Agnès, une femme seule est harcelée par son ex, voyou fraîchement sorti de taule. Sa meilleure (seule ?) amie, une lesbienne collègue de boulot dans le bar où elles servent toutes deux, lui présente un soir de débauche un type surgit d’on ne sait où. Un gars gentil et atypique. Une relation se noue entre eux.

Voilà le point de départ de cette histoire qui ne respire pas vraiment le rêve américain.

Quant aux « bugs » éponymes, impossible d’en dire davantage sans gâcher l’effet de la première vision du film.

 

On retrouve dans Bug tout l’art de Friedkin qui consiste à nous faire glisser progressivement d’un monde plus ou moins familier et rationnel à un monde cauchemardesque. C’est ce procédé qui faisait déjà la force de L’exorciste en 1974. Sauf qu’ici, le malaise est distillé de façon bien plus insidieuse et cela dès les premiers instants. On est entraîné dans une spirale incroyable de réalisme, témoins ébahis et impuissants de la lente contagion qui est le centre de cette histoire d’insectes. La mise en scène est d’une précision et d’une sobriété absolument splendides. L’interprétation est convaincante jusque dans les moments de folie pure vers lesquels les personnages sont amenés. Du très grand art.

 

Mais là où l’auteur de French connection et de To live and die in L.A. frôle le génie, c’est dans sa manière d’aborder le thème qui se cache derrière ce thriller profondément malsain et dérangeant. Un thème que seul un cinéaste américain peut traiter en connaissance de cause. La paranoïa dans ce qu’elle a de contagieux. Bug se révèle finalement comme une parabole sur la folie d’une société cachant sous son apparente toute puissance une fragilité et des blessures profondes (celles d’Agnès sont bouleversantes !), un terrain propice à la propagation des pires craintes, à l’hystérie collective.

 

En entretenant toujours une distance qui n’est pas sans rappeler le théâtre, dont cette histoire est issue (la scénariste a écrit l’adaptation de sa propre pièce), Friedkin réussie d’autant mieux à nous mettre mal à l’aise, à nous faire réfléchir à son propos sans nous ennuyer, sans vouloir nous convaincre, juste nous faire sentir, nous faire entendre surtout, la terrible force du processus en jeu. C’est une grande leçon de cinéma (l’expression est galvaudée, je sais, mais là…) et le meilleur film de son auteur.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2

 

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://peussecsurlatoile.mabulle.comVoir des blogs de la thématique: Autre thématique